Olivier Witmeur – “Where there is a will, there is a way”

Olivier Witmeur

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Professeur d’entrepreneuriat et “serial entrepreneur” lui-même, Olivier Witmeur a fait sienne cette maxime: “Where there is a will, there is a way”. De quoi justifier son activisme à la tête de Solvay Entrepreneurs, au sein de l’Executive Education ou pour le renforcement des ponts entre la recherche et les praticiens. Entre autres.

  • Commençons par un bravo: le “Case Writing Award” délivré par l’EFMD!

C’est en effet le cas “WooRank: Creating & Capturing Value in a European Web Start-Up”, rédigé par Robin Demaria, avec Paul Verdin et moi-même, qui a été récompensé par l’EFMD (European Foundation for Management Development, qui gère notamment EQUIS, NDLR) comme meilleur cas d’entrepreneuriat pour l’année 2013. Il s’agit d’une double récompense, en réalité, puisque ce cas se penche sur une start-up spécialisée dans les outils de référencement de sites web qui a été cofondée par Jean Derely, un ancien de la SBS-EM! Cela prouve que la pédagogie active fondée sur les études de cas constitue plus que jamais un point fort de l’École.

Remède à l’incertitude

L’enseignement de l’entrepreneuriat répond-il à des contraintes particulières?Une maxime bien connue affirme que, quand on n’a qu’un marteau, tout ressemble à un clou! Notre objectif consiste au contraire à donner à nos étudiants la boîte à outils la plus performante, sachant qu’ils seront confrontés à une contrainte incontournable: prendre des décisions dans un univers de plus en plus incertain. Ceci implique dans leur chef l’acquisition d’un état d’esprit particulier, entrepreneurial, mais aussi de notre côté une remise en question permanente du paradigme déductif classique (analyse, stratégie, plan d’action, plan financier, mise en œuvre et contrôle du projet) qui fonctionne bien quand on peut se fonder sur des prévisions… mais beaucoup moins bien quand l’incertitude prédomine.

QUAND ON N’A QU’UN MARTEAU,
TOUT RESSEMBLE À UN CLOU!

  • L’École enseigne l’entrepreneuriat mais accompagne aussi les créateurs d’entreprise et les dirigeants de PME via Solvay Entrepreneurs. Est-ce une vraie demande du marché?

Nous avons accueilli cette année deux fois plus de participants que l’an dernier dans nos programmes pour créateurs et dirigeants de PME! C’est évidemment le fruit du travail de pionnier mené depuis plus de 20 ans par Jean-Claude Ettinger, dont j’ai pris la succession il y a presque deux ans, et qui a vraiment construit la réputa-tion de l’École dans ce domaine. C’est aussi le résultat d’une politique axée sur le développe-ment de nouveaux programmes, très en phase avec la demande qui émane du terrain: le Start Lab, par exemple, qui aide l’entrepreneur à amener très rapidement une application mobile vers le marché, ou Scale Up, un programme totalement focalisé sur l’objectif de doper la croissance des PME.

L’heure de la récolte

  • On parle de plus en plus d’entrepreneuriat désormais. Comment l’expliquer?

L’entrepreneuriat au sens large est une des valeurs essentielles de l’École tant chez nos étudiants que chez nos professeurs: un de nos anciens présidents, Philippe Biltiau, est un pur entrepreneur et a joué un rôle essentiel dans l’intégration de l’entrepreneuriat dans nos cursus. Cela fait des années que nous y investissons, avec le soutien sans faille de la Fondation Bernheim, et nous en récoltons les fruits. Tout cela fonctionne car nous pouvons compter sur d’excellentes équipes, autonomes, professionnelles et motivées. Le contexte est aussi plus favorable à l’entrepreneuriat aujourd’hui, et l’idée de “faire carrière” en fondant son entreprise germe désormais de plus en plus tôt dans l’esprit des diplômés: on n’attend plus des années après la fin de ses études pour se jeter à l’eau.

  • Du côté de l’Executive Education, dont vous êtes le Deputy Dean, pas mal d’innovations sont à épingler. Les Advanced Masters, par exemple.
“J’ai toujours des projets plein la tête et j’aime les mener à bon port, avant de passer la main et de m’attaquer au suivant!”

Il s’agit du plus gros investissement jamais réalisé en Executive Education. C’est aussi celui qui était, a priori, le plus risqué, même si l’idée est très porteuse puisqu’elle permet à un étudiant qui a terminé son master – avec un background de juriste, de psychologue ou d’ingénieur civil par exemple – de compléter sa formation dans les domaines de l’innovation, du marketing, de la régulation ou de la finance. L’équipe des directeurs académiques de ces programmes a fait le choix de lancer des offres plus spécialisées que nos concurrents. Et cela fonctionne bien. Nous sommes en avance sur nos objectifs et nous réjouissons que nos programmes séduisent beaucoup d’étudiants étrangers. À côté des Advanced Masters, avec d’autres professeurs, nous avons aussi développé les Company Specific Programmes qui ont séduit des clients tels que AG Insurance, Besix, bpost, Total, Bouygues. Il faut encore ajouter le lancement du Solvay-Ponts MBA avec l’École des Ponts à Paris et d’autres programmes.

  • Qu’en est-il du côté de la recherche?

Avec une douzaine de professeurs d’entrepreneuriat français, canadiens, suisses…, nous avons lancé la revue “Entreprendre & Innover”, en partenariat avec les éditions De Boeck. Notre but est d’intéresser les praticiens aux résultats de la recherche mais aussi d’amener des chercheurs à creuser des sujets qui intéressent les praticiens. Originale dans son approche, la revue l’est aussi par le fait qu’elle vise la francophonie à l’échelle internationale, partant du constat que l’essentiel des publications en ces matières émane du monde anglo-saxon. Nous avons traité dernièrement, par exemple, les thématiques du Lean Startup, du Design Thinking et des nouvelles approches pour l’entrepreneuriat innovant.

Cœur d’entrepreneur

  • Tout cela fait de vous un “serial entrepreneur”. Qu’est-ce qui vous motive?

Disons plutôt que j’ai toujours des projets plein la tête et que j’aime les mener à bon port, avant de passer la main et de m’attaquer au suivant! J’ai lancé et participé à plusieurs belles aventures, avec des hauts et des bas bien entendu. L’entrepreneuriat a toujours été au cœur de mes activités: quand j’étais étudiant-entrepreneur tant en secondaire qu’à l’université, quand j’ai travaillé dans un cabinet ministériel qui s’occupait de l’aide aux PME, quand j’ai dirigé un incubateur où j’ai travaillé avec des centaines d’entrepreneurs avant de rejoindre une équipe pour de bon, en tant que chercheur ou enseignant à l’université mais aussi en continuant à conseiller quelques projets. Je crois que j’ai développé une vue assez large de la problématique. Aujourd’hui, je participe au lancement de projets dans l’École, c’est de l’intrapreneuriat!

PASSIONS extraprofessionnelles

Olivier Witmeur l’avoue sans ambage: il adore manger! “Au restaurant, en vacances où il y a toujours une autre cuisine à découvrir, mais aussi chez moi: j’essaie de cuisiner”, précise-t-il en se déclarant, à ce sujet comme pour tant d’autres, “foncièrement généraliste: j’essaie tout… et j’aime presque tout!”

D’autres passions? “La photo, qui peut aller de pair avec la cuisine quand il s’agit de découvrir de nouveaux horizons, et la musique: ma voiture comme ma maison ressemblent à une discothèque, essentiellement dédiée au rock alternatif.”

Enfin, il passe chaque jour une bonne demi-heure à promener son chien, de manière 100% intéressée: “Je constate qu’à chaque retour de promenade, je trouve la solution au problème qui, au départ, me trottait dans la tête!”

Elixis Edition

 

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